Comme beaucoup de femme dans une société de plus en plus centrée sur l'image ou le corps de la femme est hypersexualisé, je n'étais pas du tout à l'aise avec mon corps et en particulier avec ma poitrine.
1/ Des complexes de l'adolescence à la femme
Pendant des années, j'ai d'abord caché la réelle forme de ma poitrine avec des soutiens-gorge push-up à force de regarder des séries ou lire des magazines ou les femmes avaient toujours un décolleté parfait.
Dans une seconde partie de ma vie de femme ou le sport était devenu le centre de ma vie. Je faisais beaucoup de courses à pieds. Et j'ai trouvé du réconfort en masculinisant mon corps, ma taille moins marqué par de développement de mes abdos, je me trouvais mon féminine et ça me plaisait.
J'accentuais le masculin de mon corps en portant des brassières de sport très serrés, ce qui permettait de cacher un peu plus ma poitrine.
2/ La peur des changements de son corps avec la maternitéque je ne pourrais pas contrôler.
La relation avec mon corps était tellement compliqué que lorsque j'ai commencé à avoir l'envie de fonder une famille, j'ai d'abord du me préparer au fait que mon corps allait changer.
C'était une réelle source d'angoisse pour moi de savoir que si je tombais enceinte mon corps allait changer et en plus de manière non maitrisée.
3/ Vivre les changements de son corps sur une première grossesse
Très sincèrement, ça a été très difficile.
Je suis une personne qui fait très attention à son alimentation. Malgré tout, j'ai tendance à prendre beaucoup de poids quand je suis enceinte, notamment dans le ventre.
J'ai pris 17 kg pour ma première grossesse.
Et je dois dire que les sage-femmes qui faisaient le suivi de ma grossesse à la maternité me faisait culpabilisé. L'une d'entre elle m'a mise au régime sec sans sucre que j'ai suivi pendant 2 mois et quand j'ai observé par moi-même que je continuais à prendre autant de poids, j'ai arrêté.
En ce qui concerne ma poitrine, finalement ça n'a jamais été un sujet pendant aucune des grossesses. Elle s'est développée de manière harmonieuse avec mon ventre qui contenait la vie.
4/Le plus dure c'est de voir son corps après la grossesse
Ce qui me faisait peur c'est de me voir grossir mais finalement, le plus dur c'est d'accepter son corps une fois que son enfant n'est plus à l'intérieur.
Le ventre est encore gonflé, le ventre est relaché, il n'est n'y comme pendant la grossesse et ni comme avant et ça prend du temps.
Ça a été un des plus gros challenge pour moi, savoir faire preuve de patience et accepter mon corps là ou il en est.
Ça veut dire, retourner au travail après son congé mat avec un pantalon de grossesse et se dire que c'est ok.
Retourner au travail après son congé mat sans avoir terminé la réeducation du périnée, des abdominaux....
5/ l'accouchement et mes complexes
Je dois dire que la naissance de ma fille m'a permis de battre beaucoup de complexe.
Etre là, dans la salle de naissance, pendant 48h, voir 3 équipes se relayer qui toutes les heures viennent voir mes parties les plus intimes dans le pire état de fatigue que je n'ai jamais été.
Ces personnes pour qui tout semblait parfait normal m'ont finalement fait comprendre que quelque soit mon apparence, nous sommes tous différents et c'est parfaitement parfait comme ça.
6/ La magie de la naissance à la maison
Pour mon dernier, j'ai écouté ma voix intérieure, et j'ai expérimenté la naissance à la maison.
C'est le plus bel accouchement qui m'a été donné de vivre.
C'est un processus qui se prépare, notamment aujourd'hui ou nous vivons dans une société qui nous contraint à ne plus écouter notre corps depuis le plus jeune âge.
Cette expérience m'a permis de prendre beaucoup de hauteur par rapport à mon corps.
Elle m'a permis d'apprendre qu'en écoutant mon corps et en l'accompagnant dans chacune des vagues qu'il traverse, je peux réaliser des choses extra-ordinaire.
7/ Ma poitrine et la mise en place de l'allaitement
Malgré tout cela, et après 2 enfants à qui j'ai donné le biberon, je n'avais pas encore traité le sujet de la poitrine.
C'était vraiment pour moi un sujet, au point que même dans notre rapport intime avec le père de mes enfants, je ne supportais pas qu'il touche ma poitrine.
Quand l'allaitement s'est mis en place pour mon fils, j'ai redoublé de patience avec ma monté de lait. Mes sage-femmes m'ont aidé sans gêne en massant ma poitrine.
Avec les douleurs de ma poitrine et les crevasses, j'ai du vivre chemise ouverte et assumer pleinement mon corps.
J'avais mon fils tout le temps au sein et quand ce n'était pas lui, c'était le tire-lait pour toujours stimuler plus la lactation.
Et ça a duré ! Des semaines et des semaines, je ne serai plus vous dire combien de temps mais au moins 2 mois.
Bref, autant dire qu'en très peu de temps j'ai rattrapé mon retard dans mon rapport à ma poitrine.
Dans cet allaitement, j'ai vite apporté un autre regard sur ma poitrine qui a été l'organe qui a permis de nourrir exclusivement mon fils. C'est aussi cet allaitement qui a contribuer à son bon développement et à sa sécurité émotionnelle.
Je vois maintenant ma poitrine comme quelque chose de merveilleux et de magique. Un peu comme si j'ai des supers-pouvoirs.
8/ Allaitement non-écourté
J'allaite encore mon fils de 3 ans et je dois dire que quand je vois le rapport que mon fils entretient avec ma poitrine, je suis très inspirée.
Mon fils éprouve une énorme gratitude envers ma poitrine qu'il appelle Tétée.
A la fin de chaque tétée, mon fils remercie ma poitrine en faisant un câlin et un bisou. C'est un magnifique geste de gratitude qui m'inspire beaucoup pour mon quotidien et pour remercier le ciel pour la nourriture que j'ai chaque jour dans mon assiette.
Je termine cet article en remerciant mon corps pour avoir fait grandir en son sein mes 3 magnifiques enfants.
Merci mon corps de m'avoir permis de comprendre tes super-pouvoirs et ta magie au travers de l'expérience de la maternité.